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31 juillet 2026 · 11 min de lecture · Par Sanofi-Arthrose.fr

Arthrose et arrêt de travail : quelle durée et quelle indemnisation ?

Arthrose et arrêt de travail : ce qu'il faut savoir

L'arthrose est une maladie articulaire chronique : le cartilage, ce tissu souple qui protège les extrémités des os et amortit les chocs, s'use progressivement. Résultat, les os frottent davantage entre eux, ce qui provoque douleur, raideur et parfois un gonflement de l'articulation touchée. Contrairement à une entorse qui guérit en quelques semaines, l'arthrose évolue sur plusieurs années, avec des phases plus calmes et d'autres, appelées poussées, où la douleur devient difficile à supporter.

Quand une poussée empêche de travailler normalement, votre médecin traitant ou un rhumatologue (spécialiste des os et des articulations) peut tout à fait prescrire un arrêt de travail. Ce n'est pas réservé aux maladies graves : dès lors que la douleur ou la mobilité réduite compromet votre activité professionnelle, l'arrêt est justifié, au même titre qu'une bronchite ou un lumbago.

La durée de cet arrêt varie énormément selon plusieurs critères simples à comprendre : l'articulation concernée (une gonarthrose, l'arthrose du genou, n'a pas le même impact qu'une arthrose des doigts), le stade d'évolution de la maladie, et votre métier. Un chauffeur routier souffrant de coxarthrose (arthrose de la hanche) sera arrêté plus longtemps qu'un employé de bureau avec la même pathologie.

Cette situation soulève rapidement une question concrète : celle des revenus pendant l'arrêt, via les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale. Il faut aussi distinguer l'arrêt de travail, temporaire, de deux dispositifs différents : la RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé), qui facilite le maintien dans l'emploi malgré la maladie, et l'invalidité, qui concerne une incapacité durable à exercer son métier. Nous détaillons chacune de ces notions dans les sections suivantes.

illustration de l'arthrose du genou et son impact sur l'arrêt de travail

Quelle est la durée moyenne d'un arrêt de travail pour arthrose ?

Il n'existe pas de réponse unique à cette question, et c'est normal : la durée d'un arrêt de travail pour arthrose dépend de la localisation de l'atteinte, de son stade radiologique (c'est-à-dire ce que montre la radio, du plus léger au plus sévère) et de votre métier. Un poste physique, avec du port de charges ou de la station debout prolongée, justifie généralement un arrêt plus long qu'un poste sédentaire. Voici des repères concrets pour chaque localisation.

Arthrose du genou (gonarthrose)

La gonarthrose désigne l'usure du cartilage au niveau du genou. Lors d'une poussée douloureuse simple, l'arrêt dure souvent entre 3 et 15 jours, le temps que l'inflammation s'apaise. En revanche, si une prothèse de genou est posée, comptez plutôt 2 à 3 mois d'arrêt, avec une reprise progressive selon les suites opératoires et la rééducation.

Arthrose de la hanche (coxarthrose)

La coxarthrose suit une logique comparable. Une poussée sans chirurgie entraîne généralement un arrêt de quelques jours à trois semaines. Après une prothèse de hanche, la durée grimpe à 6-12 semaines en moyenne, pouvant dépasser 3 mois pour un métier physique nécessitant l'aval du médecin du travail avant la reprise.

Arthrose lombaire et cervicale

Pour le dos et la nuque, les arrêts sont souvent plus courts en l'absence de chirurgie : de quelques jours à deux ou trois semaines lors d'un épisode douloureux aigu. Une intervention (comme une arthrodèse) peut en revanche prolonger l'arrêt à plusieurs mois. Dans tous les cas, la rééducation par kinésithérapie influence directement la vitesse de récupération et donc la durée finale de l'arrêt.

Comment est calculée l'indemnisation pendant l'arrêt maladie

Quand votre médecin prescrit un arrêt de travail pour une arthrose du genou (gonarthrose) ou de la hanche (coxarthrose), une question revient toujours en premier : combien allez-vous toucher ? Trois sources de revenus peuvent se combiner pendant cette période, et il est utile de comprendre comment elles s'articulent entre elles.

Indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS)

Les indemnités journalières (IJ) sont versées par votre caisse d'Assurance Maladie, la CPAM, pour compenser une partie du salaire perdu. Le calcul se base sur votre salaire journalier de base, obtenu en moyennant vos trois derniers salaires bruts avant l'arrêt : vous touchez 50% de ce montant, dans la limite d'un plafond fixé chaque année (environ 53 euros par jour en 2026). Un délai de carence de 3 jours s'applique avant le premier versement : concrètement, aucune indemnité de la Sécurité sociale n'est due pour les trois premiers jours d'arrêt, sauf en cas de maladie professionnelle reconnue.

Complément de salaire de l'employeur

En complément des IJSS, votre employeur peut être tenu de maintenir une partie de votre salaire, selon votre ancienneté et votre convention collective. La loi prévoit un maintien à 90% du salaire brut pendant les 30 premiers jours pour un salarié ayant un an d'ancienneté, mais de nombreuses conventions collectives sont plus favorables et réduisent, voire suppriment, le délai de carence côté employeur.

Rôle de la mutuelle et de la prévoyance

Votre mutuelle santé rembourse les frais médicaux (consultations, examens), mais ce n'est pas elle qui compense la perte de salaire. C'est le rôle de la prévoyance, un contrat souvent proposé par l'employeur, qui verse un complément d'indemnités une fois les IJSS et le maintien de salaire épuisés, notamment utile lors d'un arrêt long après une prothèse de genou.

durée d'arrêt de travail et indemnisation pour arthrose

Arthrose reconnue en maladie professionnelle : quelles conséquences

Dans certains cas, l'arthrose n'est pas seulement liée à l'usure naturelle du corps : elle peut être causée par le métier exercé. On parle alors de maladie professionnelle (MP), c'est-à-dire une pathologie reconnue comme la conséquence directe des conditions de travail. Cette reconnaissance change tout, car elle ouvre droit à une indemnisation bien plus favorable qu'un simple arrêt maladie classique.

Tableaux des maladies professionnelles concernés

Pour être reconnue, une maladie doit correspondre à un tableau des maladies professionnelles, une liste officielle qui associe une pathologie précise à des métiers ou gestes à risque. Le tableau n°57 concerne les troubles musculo-squelettiques (TMS) liés aux postures pénibles et aux mouvements répétés, tandis que les tableaux 79 et 80 visent spécifiquement certaines arthroses professionnelles, notamment celles du genou ou de l'épaule chez les personnes exposées à des vibrations mécaniques ou à un travail à genoux prolongé (carreleurs, couvreurs, agents d'entretien).

Si votre gonarthrose (arthrose du genou) ou votre coxarthrose (arthrose de la hanche) résulte de ce type d'exposition, la démarche consiste à faire établir un certificat médical initial par votre médecin, puis à déposer une déclaration auprès de la CPAM. Un dossier solide, avec l'appui du médecin du travail, augmente les chances de reconnaissance.

Indemnisation en cas de reconnaissance MP

Une fois la MP reconnue, l'indemnisation devient nettement plus avantageuse : contrairement à l'arrêt maladie classique, il n'y a pas de délai de carence, les indemnités journalières sont versées dès le premier jour et leur montant est plus élevé. En cas de séquelles durables, une indemnité en capital ou une rente peut être attribuée selon le taux d'incapacité retenu par le médecin-conseil.

Pour évaluer précisément vos droits selon votre taux, consultez notre article sur le taux MDPH et la RQTH.

arthrose reconnue en maladie professionnelle et indemnisation

Arrêt de travail long : vers l'invalidité ou l'inaptitude

Quand l'arthrose évolue depuis longtemps et que l'arrêt de travail se prolonge, une nouvelle question se pose : que se passe-t-il après plusieurs mois, voire plusieurs années, d'incapacité à travailler ? Deux mécanismes distincts peuvent alors s'enclencher : l'invalidité, décidée par la Sécurité sociale, et l'inaptitude, constatée par le médecin du travail. Ils ne se déclenchent pas en même temps ni pour les mêmes raisons, mais ils sont souvent liés dans les situations d'arthrose sévère, notamment la gonarthrose ou la coxarthrose avancée.

Mise en invalidité (catégories 1, 2, 3)

L'invalidité peut être reconnue par la CPAM après trois ans d'arrêt de travail continu, ou plus tôt si votre état de santé est jugé "stabilisé" par le médecin-conseil, c'est-à-dire qu'il ne s'améliorera plus avec les soins actuels. Elle se décline en trois catégories : la catégorie 1 concerne les personnes encore capables d'exercer une activité rémunérée (pension autour de 30% du salaire annuel moyen), la catégorie 2 celles qui ne peuvent plus travailler du tout (environ 50%), et la catégorie 3 celles qui ont besoin d'une aide humaine au quotidien, avec une majoration supplémentaire.

Reconnaissance de l'inaptitude au poste

À votre retour, une visite de reprise avec le médecin du travail est obligatoire après un arrêt de plus de 30 jours. C'est lui, et lui seul, qui peut déclarer une inaptitude si votre arthrose rend le poste incompatible avec votre santé, par exemple après une prothèse de genou chez une personne exerçant un métier physique.

Reclassement professionnel et RQTH

L'employeur doit alors chercher un reclassement professionnel vers un poste adapté. Le temps partiel thérapeutique permet une reprise progressive, et la RQTH facilite l'aménagement du poste ou la formation.

invalidité et arrêt de travail long pour arthrose

Démarches pratiques pour bien gérer son arrêt de travail

Obtenir et transmettre l'arrêt de travail

Tout commence par une consultation médicale, chez votre médecin traitant ou un rhumatologue, qui évalue votre gonarthrose, votre coxarthrose ou toute autre localisation de l'arthrose. S'il juge que votre état ne permet plus d'exercer votre activité, il rédige un avis d'arrêt de travail composé de trois volets, un peu comme un formulaire administratif en triple exemplaire.

Les volets 1 et 2 doivent être envoyés à votre caisse d'assurance maladie (la CPAM), et le volet 3 à votre employeur, dans un délai de 48 heures. Ce délai est important : le respecter évite tout retard dans le versement de vos indemnités journalières, qui commencent après le délai de carence de trois jours. Pendant l'arrêt, vous devez aussi respecter les heures de sortie autorisées mentionnées sur le document, sauf contre-indication médicale précisée par votre médecin.

Contester une décision de la CPAM ou du médecin-conseil

Il arrive que la CPAM refuse ou interrompe le versement des indemnités, souvent après un contrôle du médecin-conseil, ce médecin employé par l'Assurance Maladie qui vérifie le bien-fondé de l'arrêt. Si vous n'êtes pas d'accord avec cette décision, vous pouvez engager un recours amiable auprès de la commission de recours amiable de votre caisse, dans un délai de deux mois suivant la notification.

Si le désaccord persiste, une expertise médicale ou un recours devant le tribunal judiciaire reste possible. Pensez à vérifier votre convention collective et votre contrat de prévoyance, qui peuvent parfois compenser une partie du manque à gagner pendant cette période. En cas d'arthrose invalidante persistante, sachez également qu'un accompagnement existe pour obtenir la reconnaissance RQTH auprès de la MDPH, une piste utile si le retour au poste initial devient compliqué.

démarches administratives pour un arrêt de travail lié à l'arthrose

Questions fréquentes sur l'arthrose et l'arrêt de travail

Combien de temps peut durer un arrêt de travail pour arthrose ? Cela va de quelques jours pendant une poussée douloureuse à plusieurs mois après une prothèse de genou ou de hanche. Tout dépend de l'articulation touchée et de votre métier, comme détaillé plus haut dans l'article.

Combien serez-vous payé pendant votre arrêt ? La Sécurité sociale verse des indemnités journalières égales à 50 % de votre salaire, après un délai de carence de 3 jours. Votre employeur peut compléter ce montant selon votre convention collective et votre ancienneté.

L'arthrose peut-elle être reconnue comme maladie professionnelle ? Oui, dans certains cas liés à des postures pénibles ou des vibrations répétées, via une déclaration à la CPAM. Cette reconnaissance supprime le délai de carence et améliore l'indemnisation.

Que se passe-t-il si l'arrêt se prolonge trop longtemps ? Après un certain délai, une mise en invalidité peut être envisagée, ou un aménagement comme le temps partiel thérapeutique. Le médecin du travail évalue alors votre aptitude à reprendre votre poste, avec un éventuel reclassement professionnel si besoin.

Peut-on contester une décision de la CPAM ? Oui, si le médecin-conseil refuse ou réduit votre indemnisation, un recours amiable puis contentieux reste possible. Les démarches précises sont expliquées dans la section dédiée de cet article.

Quel lien entre arthrose et handicap au travail ? Si la gêne devient durable, une reconnaissance RQTH peut faciliter votre maintien dans l'emploi. Pour comprendre les critères et le taux d'invalidité MDPH associés, consultez notre guide complet sur l'arthrose et la RQTH.

Existe-t-il des solutions pour limiter la durée des arrêts ? La rééducation joue un rôle central, notamment pour la gonarthrose et la coxarthrose. Notre guide des exercices de kinésithérapie détaille les pratiques recommandées pour accélérer la récupération.

Questions fréquentes

Combien de temps peut durer un arrêt de travail pour arthrose du genou ?

Un arrêt pour arthrose du genou dure en général entre 2 et 6 semaines lors d'une poussée douloureuse, mais il peut être renouvelé si la gêne persiste. L'arthrose étant une maladie chronique (qui évolue lentement sur des années), les arrêts peuvent se répéter dans le temps, notamment lors de poussées inflammatoires ou après une opération.

L'arthrose peut-elle être reconnue comme maladie professionnelle ?

Oui, sous conditions strictes : l'arthrose du genou ou de la hanche figure dans certains tableaux de maladies professionnelles quand elle résulte de gestes répétitifs ou du port de charges lourdes au travail. Il faut prouver le lien entre votre métier et l'usure articulaire. Sans reconnaissance, l'arrêt reste classé en maladie ordinaire, avec une indemnisation différente.

Quel est le montant des indemnités journalières pendant un arrêt pour arthrose ?

L'Assurance Maladie verse environ 50 % de votre salaire journalier de base, calculé sur vos 3 derniers mois de salaire. Ce pourcentage peut monter à 66,66 % à partir du 31e jour d'arrêt si vous avez au moins 3 enfants à charge. Votre employeur complète parfois ce montant selon votre convention collective.

Peut-on être mis en invalidité à cause de l'arthrose ?

Oui, si l'arthrose limite durablement votre capacité de travail malgré les traitements. L'invalidité (une reconnaissance officielle d'incapacité à exercer une activité professionnelle normale) est décidée par le médecin-conseil de la Sécurité sociale après plusieurs arrêts prolongés. Elle donne droit à une pension, classée en catégorie 1, 2 ou 3 selon la gravité.

Que faire si l'employeur refuse de maintenir le salaire pendant l'arrêt ?

Vérifiez d'abord votre convention collective et votre ancienneté, qui ouvrent souvent droit à un maintien de salaire (complément versé par l'employeur en plus des indemnités journalières). En cas de refus injustifié, contactez l'inspection du travail ou un syndicat, et envoyez une mise en demeure écrite avant d'envisager une action aux prud'hommes.

Quelle différence entre invalidité et incapacité pour arthrose ?

L'invalidité concerne votre capacité générale à travailler, évaluée par la Sécurité sociale, tandis que l'incapacité mesure la perte de capacité liée à un accident ou une maladie professionnelle reconnue, évaluée en pourcentage. Autrement dit : l'invalidité regarde votre vie professionnelle globale, l'incapacité indemnise un dommage précis et chiffré.