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16 août 2026 · 11 min de lecture · Par Sanofi-Arthrose.fr

Arthrose : radiographie, IRM ou scanner, quel examen privilégier ?

Arthrose : pourquoi le choix de l'examen d'imagerie compte

L'arthrose est une maladie qui abîme progressivement le cartilage, cette fine couche lisse qui recouvre les extrémités des os et leur permet de glisser l'une contre l'autre sans frottement, un peu comme le liquide qui lubrifie les rouages d'une machine. Avec le temps, cet os situé sous le cartilage se modifie lui aussi, ce qui explique pourquoi l'arthrose n'est pas une simple « usure » mais une atteinte de toute l'articulation.

Cette pathologie touche environ 10 millions de personnes en France, avec une fréquence qui augmente nettement après 50 ans. Poser un diagnostic fiable ne repose jamais sur un seul élément : le médecin combine l'examen clinique, c'est-à-dire l'interrogatoire et la palpation de l'articulation, avec un examen d'imagerie qui permet de visualiser ce qui se passe à l'intérieur.

C'est justement à ce niveau que le choix de l'examen devient déterminant. La radiographie et l'IRM (imagerie par résonance magnétique) ne montrent pas la même chose : l'une révèle surtout les conséquences sur l'os, comme le pincement articulaire ou les ostéophytes, tandis que l'autre permet d'observer directement les tissus mous et le cartilage lui-même. Prescrire le mauvais examen au mauvais moment, c'est un peu comme utiliser une loupe quand il faudrait un microscope : on obtient une image, mais pas forcément celle dont on a besoin.

Comprendre cette différence aide à mieux suivre l'évolution du stade de l'arthrose et à adapter le traitement en conséquence, qu'il s'agisse de rééducation, de médicaments ou, plus tard, d'une intervention. Les sections suivantes détaillent précisément quand privilégier chacun de ces examens.

Coupe d'une articulation illustrant l'arthrose et l'usure du cartilage

Radiographie et arthrose : l'examen de référence en première intention

Face à une douleur articulaire persistante, votre médecin vous prescrira presque toujours une radiographie avant tout autre examen. Ce choix n'a rien d'arbitraire : cet examen est rapide (quelques minutes), largement accessible dans n'importe quel cabinet de radiologie, et son coût reste modéré, entre 25 et 40 euros selon l'articulation examinée. C'est un peu comme demander un premier avis simple avant de sortir l'artillerie lourde : la radiographie donne déjà des informations précieuses pour orienter le diagnostic d'arthrose.

Ce que montre une radiographie articulaire

La radiographie utilise des rayons X pour photographier les structures denses du corps, en particulier l'os. Chez une personne arthrosique, plusieurs signes caractéristiques apparaissent sur les clichés. Le pincement articulaire en est le plus parlant : il correspond à un rétrécissement de l'espace entre deux os, signe indirect que le cartilage qui les protège s'est usé.

On observe aussi des ostéophytes, ces petites excroissances osseuses qui se forment sur les bords de l'articulation, un peu comme des callosités que l'os développe pour compenser l'instabilité. S'y ajoutent parfois une condensation osseuse sous-chondrale (l'os situé juste sous le cartilage devient plus dense et plus blanc sur le cliché) et des géodes, de petites cavités qui se creusent dans l'os à cause des contraintes répétées.

Limites de la radiographie dans l'arthrose débutante

La radiographie a toutefois une limite importante à connaître : elle ne visualise pas directement le cartilage, un tissu souple qui n'apparaît pas sur les rayons X. Elle ne le détecte qu'indirectement, via le pincement de l'espace qu'il occupe normalement. Résultat concret : au stade précoce de l'arthrose, quand le cartilage commence tout juste à s'abîmer, le cliché peut sembler parfaitement normal alors que des douleurs sont déjà présentes.

IRM et arthrose : quand cet examen devient-il nécessaire ?

L'IRM (imagerie par résonance magnétique) est un examen qui utilise un champ magnétique puissant pour créer des images très détaillées de l'intérieur du corps, sans utiliser de rayons X. Contrairement à la radiographie, elle ne se contente pas de photographier l'os : elle révèle aussi les tissus mous, un peu comme si l'on passait d'une photo en noir et blanc à une vidéo en couleur. Elle n'est cependant pas prescrite systématiquement, car elle coûte plus cher et reste réservée à des situations bien précises.

Ce que l'IRM permet de détecter en plus

Le grand avantage de l'IRM, c'est qu'elle visualise directement le cartilage, ce tissu souple qui recouvre les extrémités des os et amortit les chocs dans l'articulation. Une radiographie ne montre que l'espace laissé par le cartilage (le fameux pincement articulaire), alors que l'IRM permet d'observer son épaisseur et son état réel. Elle détecte également l'œdème osseux (un gonflement invisible à la radiographie signalant une inflammation de l'os), ainsi que l'état des ménisques, des ligaments et de la synoviale, la membrane qui tapisse l'articulation.

Indications précises de l'IRM

Le médecin demande une IRM dans quatre situations principales : un doute persistant sur le diagnostic malgré une radiographie normale, une suspicion d'atteinte des tissus mous (rupture de ménisque, entorse ligamentaire), une possible autre pathologie à écarter, ou un bilan avant une chirurgie. Elle est particulièrement utile lorsque les douleurs ne correspondent pas au stade de l'arthrose visible sur les clichés. Un rhumatologue peut aussi la solliciter pour affiner un diagnostic complexe, notamment au genou (gonarthrose) ou à la hanche (coxarthrose).

Appareil d'IRM utilisé pour explorer l'arthrose en profondeur

Radiographie vs IRM : tableau comparatif

Maintenant que vous connaissez les particularités de chaque examen, voyons-les côte à côte. Un tableau comparatif permet de visualiser d'un coup d'œil pourquoi le médecin choisit l'un ou l'autre selon votre situation.

CritèreRadiographieIRM
IndicationPremière intentionBilan complémentaire ciblé
Ce qui est visualiséOs, pincement articulaire, ostéophytesCartilage, tissus mous, œdème osseux
Durée5 à 10 minutes20 à 45 minutes
Prix moyen25 à 45 €150 à 250 €
Remboursement Sécurité sociale70 %70 %
Délai de rendez-vousQuelques joursPlusieurs semaines
IrradiationOui, très faibleNon

Coût, délai et remboursement

La radiographie reste l'examen le plus accessible : elle coûte moins cher, se réalise sans rendez-vous long et vous en avez le résultat presque immédiatement. L'IRM, elle, demande souvent plusieurs semaines d'attente selon votre région, un peu comme réserver une place très demandée. Bonne nouvelle : les deux sont pris en charge à 70 % par la Sécurité sociale sur prescription médicale, le reste étant généralement couvert par votre mutuelle.

Précision diagnostique selon le stade de l'arthrose

À un stade de l'arthrose avancé, la radiographie suffit largement car les signes osseux sont nets. Au stade débutant, l'IRM devient plus précise puisqu'elle détecte les altérations du cartilage avant même que l'os ne soit touché. Ces deux examens ne sont donc pas rivaux mais complémentaires : le premier oriente le diagnostic, le second l'affine quand un doute persiste.

Comparaison visuelle entre radiographie et IRM pour le diagnostic de l'arthrose

Autres examens possibles : scanner, échographie, arthroscopie

Si la radiographie et l'IRM (imagerie par résonance magnétique) sont les deux examens les plus fréquemment prescrits pour l'arthrose, trois autres outils d'imagerie existent. Chacun répond à une question précise, un peu comme des outils différents dans une boîte à outils : on ne prend pas le même pour visser et pour scier.

Le scanner, aussi appelé tomodensitométrie, est une technique qui utilise des rayons X pour reconstruire des images en 3 dimensions de l'os. Il est surtout utile lorsque le médecin a besoin d'analyser très finement la structure osseuse, par exemple avant une chirurgie complexe, car il donne des détails que la radiographie classique ne montre pas.

L'échographie articulaire, elle, fonctionne avec des ultrasons, comme celle pratiquée pendant une grossesse. Elle est indolore et sans irradiation. Elle est particulièrement adaptée pour repérer un épanchement (un excès de liquide dans l'articulation) ou une synovite, c'est-à-dire une inflammation de la membrane qui tapisse l'articulation.

Enfin, l'arthroscopie est différente : ce n'est pas un simple examen d'imagerie, mais une intervention chirurgicale légère. Le médecin introduit une mini-caméra directement dans l'articulation pour l'observer de l'intérieur, et peut parfois traiter certaines lésions dans le même temps. Elle reste réservée aux situations où les autres examens n'ont pas suffi à trancher.

En résumé, ces trois examens complètent la radiographie et l'IRM sans les remplacer : ils interviennent dans des cas plus spécifiques, généralement sur décision d'un rhumatologue.

Quel examen choisir selon la localisation de l'arthrose ?

Le choix entre radiographie et IRM ne dépend pas seulement du stade de l'arthrose : l'articulation touchée compte tout autant. Certaines zones du corps se prêtent bien à la radiographie simple, d'autres demandent parfois des examens complémentaires. Voici des repères concrets pour vous y retrouver.

Genou (gonarthrose) et hanche (coxarthrose)

Pour le genou et la hanche, deux localisations très fréquentes de l'arthrose, la radiographie reste le premier examen prescrit. On parle de gonarthrose pour l'arthrose du genou et de coxarthrose pour celle de la hanche. Un détail important : ces radiographies sont réalisées « en charge », c'est-à-dire debout, en appui sur la jambe. Pourquoi cette précision ? Parce que le poids du corps comprime l'articulation comme le ferait la marche au quotidien, ce qui révèle mieux le pincement articulaire, c'est-à-dire le rétrécissement de l'espace entre les os lié à l'usure du cartilage. Une radiographie du genou allongé peut paraître normale alors que la même radiographie debout montre un pincement net.

L'IRM n'intervient qu'en second temps, si les douleurs persistent malgré des radiographies peu parlantes, ou avant une éventuelle intervention chirurgicale.

Main, colonne vertébrale et autres articulations

Pour la main, la radiographie suffit généralement à poser le diagnostic : les petites articulations des doigts sont superficielles et bien visibles, sans qu'un examen plus poussé soit nécessaire.

Pour la colonne vertébrale, la démarche est progressive : radiographie d'abord, puis IRM uniquement en cas de signes neurologiques (fourmillements, perte de force, douleur qui descend dans la jambe ou le bras), le rhumatologue pouvant alors vouloir vérifier l'absence de compression d'un nerf.

Différentes localisations de l'arthrose : genou, hanche, main et colonne

Comment se déroulent ces examens et comment s'y préparer ?

Rassurez-vous : que vous passiez une radiographie ou une IRM pour explorer votre arthrose, aucun des deux examens n'est douloureux. Voici concrètement à quoi vous attendre pour aborder le rendez-vous sereinement.

Pour une radiographie du genou (gonarthrose) ou de la hanche (coxarthrose), le manipulateur vous demandera souvent de rester debout, en appui sur votre jambe : c'est ce qu'on appelle un cliché "en charge". Cette position n'est pas un détail technique, elle est essentielle, car le poids du corps resserre l'articulation et révèle mieux un éventuel pincement articulaire (un rétrécissement de l'espace entre les os, signe indirect d'usure du cartilage). L'examen dure quelques minutes seulement et ne nécessite aucune préparation particulière : pas de jeûne, pas d'injection, vous pouvez repartir aussitôt.

L'IRM (imagerie par résonance magnétique) demande un peu plus de temps : comptez entre 20 et 40 minutes, allongé dans un tunnel qui émet un bruit répétitif assez fort, un peu comme un gros marteau-piqueur en sourdine. Une injection de produit de contraste est parfois réalisée pour mieux visualiser certaines lésions, mais elle n'est pas systématique. Deux contre-indications sont à signaler impérativement à votre médecin avant l'examen : le port d'un pacemaker (l'appareil génère un champ magnétique puissant) et une claustrophobie marquée, qui peut être atténuée par des IRM "ouvertes" ou un léger anxiolytique. Après l'examen, aucune récupération n'est nécessaire, vous reprenez vos activités normalement.

En résumé : quel examen demander à son médecin ?

Vous voilà avec toutes les cartes en main pour comprendre la démarche diagnostique de l'arthrose, cette usure progressive du cartilage qui touche l'articulation. Reprenons l'essentiel : face à une douleur articulaire, le premier réflexe médical est presque toujours la même chose, quel que soit l'endroit du corps concerné.

La radiographie reste l'examen de première intention. Rapide, peu coûteuse et bien remboursée par la Sécurité sociale, elle permet de repérer les signes typiques de l'arthrose comme le pincement articulaire ou les ostéophytes, ces petites excroissances osseuses qui se forment sur les bords de l'articulation. C'est un peu comme un premier coup d'œil qui suffit dans la grande majorité des cas, que ce soit pour une gonarthrose (genou) ou une coxarthrose (hanche).

L'IRM (imagerie par résonance magnétique), elle, n'intervient qu'en second lieu, quand le médecin a besoin de voir plus en détail : le cartilage lui-même, un œdème osseux ou l'état des tissus autour de l'articulation. D'autres examens comme le scanner, l'échographie articulaire ou, plus rarement, l'arthroscopie, viennent compléter ce bilan selon le stade de l'arthrose et la situation particulière du patient.

Le plus simple reste d'en parler directement avec votre médecin traitant ou un rhumatologue, spécialiste des articulations : lui seul pourra prescrire l'examen le plus adapté à votre cas, sans que vous ayez à deviner lequel demander.

Questions fréquentes

L'IRM est-elle vraiment utile pour diagnostiquer l'arthrose ?

L'IRM (imagerie par résonance magnétique) n'est pas indispensable pour diagnostiquer une arthrose simple : elle sert surtout à explorer les tissus mous (cartilage, ligaments, ménisques) quand la radiographie ne suffit pas à expliquer les douleurs, ou avant une chirurgie. En première intention, elle n'est donc pas systématique.

Peut-on voir l'arthrose sur une radiographie standard ?

Oui, la radiographie reste l'examen de référence pour diagnostiquer l'arthrose. Elle montre les signes caractéristiques : pincement de l'espace articulaire (l'interligne, c'est-à-dire l'espace entre deux os), ostéophytes (petites excroissances osseuses) et densification de l'os. Simple, rapide et peu coûteuse, elle suffit souvent à confirmer le diagnostic.

Quel examen est remboursé par la Sécurité sociale pour l'arthrose ?

La radiographie, prescrite par un médecin, est remboursée par la Sécurité sociale selon les taux habituels. L'IRM et le scanner (imagerie en coupes détaillées) le sont également, mais uniquement sur prescription médicale justifiée, par exemple en cas de doute diagnostique ou avant une opération.

Quelle différence entre arthrose et arthrite à l'imagerie ?

L'arthrose est une usure mécanique du cartilage visible par un pincement articulaire et des ostéophytes, sans inflammation marquée. L'arthrite, elle, est une inflammation de l'articulation : l'imagerie montre alors un gonflement des tissus, parfois un épanchement (liquide en excès), mieux visualisé par l'IRM que par la radiographie seule.

Faut-il faire une IRM avant une prothèse de genou ou de hanche ?

Pas systématiquement : la radiographie suffit généralement à décider et planifier une prothèse. L'IRM peut cependant être demandée en complément si le chirurgien a besoin d'informations précises sur les tissus mous environnants ou en cas de situation clinique atypique avant l'intervention.

Combien coûte une IRM pour l'arthrose sans ordonnance ?

Sans ordonnance, une IRM n'est ni prise en charge ni remboursée, et son coût varie généralement entre 200 et 400 euros selon la région et l'article examiné. Notez aussi que la plupart des centres de radiologie exigent une prescription médicale pour réaliser cet examen.