Comment le médecin fait-il le diagnostic de l'arthrose ?
Vous avez des douleurs articulaires et vous voulez savoir si c'est de l'arthrose. Mais comment le médecin fait-il le diagnostic de l'arthrose concrètement ? Quels examens, dans quel ordre, et pourquoi ? Ce guide vous prépare à votre consultation et vous explique la démarche diagnostique étape par étape.
L'examen clinique : la première étape décisive
Avant tout examen d'imagerie, le médecin commence par un entretien approfondi et un examen physique. Ne sous-estimez pas cette étape — dans la majorité des cas, elle suffit à orienter fortement le diagnostic.
L'interrogatoire : les questions clés
Le médecin cherche à caractériser la douleur : mécanique ou inflammatoire ? La douleur mécanique de l'arthrose s'aggrave à l'effort et se calme au repos. Elle est absente le matin au réveil (ou seulement quelques minutes), et survient typiquement après une activité prolongée. La douleur inflammatoire, elle, est présente au repos et la nuit — si vous avez des réveils nocturnes, signalez-le.
Il s'intéressera aussi à la localisation exacte, à l'ancienneté des symptômes, aux facteurs déclenchants, aux antécédents familiaux d'arthrose, et aux traitements déjà essayés.
L'examen physique
Le médecin palpe et mobilise l'articulation douloureuse. Il cherche : une douleur à la pression de certains points précis, un gonflement (épanchement), une chaleur locale, une limitation de la mobilité (mesurée en degrés), des craquements articulaires à la mobilisation (crépitations), et des déformations éventuelles (déviation en varus/valgus pour le genou, nodules d'Heberden pour les doigts).
Pour la hanche, la diminution de la rotation interne est souvent le premier signe clinique d'une coxarthrose débutante — un test simple que tout médecin peut réaliser en consultation.
Radiographie, IRM, échographie : ce qu'ils montrent
La radiographie standard : l'examen de référence
La radio reste l'examen de première intention. Elle est réalisée en charge (debout) pour le genou, ce qui permet de visualiser le pincement articulaire réel en conditions de mise en charge. Elle montre les quatre signes radiologiques caractéristiques de l'arthrose :
- Pincement de l'interligne articulaire : réduction de l'espace entre les deux os, signe indirect de la perte de cartilage
- Ostéophytes : becs osseux qui se forment aux bords de l'articulation en réponse à l'usure
- Ostéosclérose sous-chondrale : densification de l'os juste sous le cartilage
- Géodes : petites cavités dans l'os sous-chondral, visibles aux stades avancés
La classification radiologique de Kellgren et Lawrence grade l'arthrose de 0 à 4. Un grade 0 ne signifie pas l'absence d'arthrose — aux stades précoces, la radio peut être normale malgré des symptômes réels.
L'IRM : pour les cas complexes
L'IRM n'est pas systématique dans le bilan d'arthrose standard — elle coûte cher et n'apporte généralement pas d'information supplémentaire décisive chez un patient de plus de 50 ans avec tableau clinique et radiologique typique. Elle est indiquée en cas de doute diagnostique, pour visualiser directement le cartilage, les ménisques, les ligaments, ou pour rechercher une nécrose osseuse.
L'échographie articulaire
Moins chère et plus rapide que l'IRM, l'échographie articulaire permet de visualiser la membrane synoviale, quantifier un épanchement, et guider certains gestes comme les infiltrations. Elle est particulièrement utile pour l'épaule et pour les petites articulations des doigts et des pieds.
| Examen | Ce qu'il montre | Quand le prescrire |
|---|---|---|
| Radio standard | Pincement, ostéophytes, sclérose | En première intention, systématique |
| IRM | Cartilage, ménisques, os, synoviale | Doute diagnostique, arthrose précoce |
| Échographie | Épanchement, synoviale, guidage geste | Guidage infiltration, petites articulations |
| Scanner (TDM) | Os, géodes avancées | Bilan pré-opératoire |
| Bilan sanguin | Élimine autres pathologies | Tableau atypique, suspicion PR ou goutte |
Éliminer les autres causes : le diagnostic différentiel
Toutes les douleurs articulaires ne sont pas de l'arthrose. Le médecin doit éliminer d'autres pathologies qui peuvent mimer ou coexister avec l'arthrose.
La polyarthrite rhumatoïde (PR)
Elle touche typiquement les petites articulations des mains et des pieds de façon symétrique, avec une raideur matinale prolongée (plus de 30 minutes), une élévation de la CRP et la présence de facteur rhumatoïde ou d'anticorps anti-CCP dans le sang. C'est une maladie auto-immune — son traitement est radicalement différent de celui de l'arthrose.
La goutte et la chondrocalcinose
La goutte (dépôts de cristaux d'urate) et la chondrocalcinose (dépôts de pyrophosphate de calcium) peuvent provoquer des crises articulaires aiguës parfois confondues avec des poussées d'arthrose. La ponction articulaire avec analyse cristallographique du liquide synovial fait la distinction.
Les tendinopathies et bursites
Douleur de hanche latérale évoquant une coxarthrose ? C'est souvent une bursite trochantérienne ou une tendinopathie du moyen fessier — deux pathologies qui répondent à des traitements différents. L'examen clinique précis et l'échographie font généralement la différence.
FAQ — Diagnostic de l'arthrose
En résumé
Comment le médecin fait-il le diagnostic de l'arthrose ? Par une combinaison d'examen clinique (interrogatoire + palpation), de radiographies en charge, et d'un bilan biologique pour éliminer les diagnostics différentiels. Dans la majorité des cas, deux consultations et une radio suffisent. Si votre tableau est atypique ou vos symptômes invalidants, n'hésitez pas à demander un avis rhumatologique.