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Douleur au genou : causes, traitements et quand consulter

La douleur au genou est l'un des motifs de consultation les plus fréquents en médecine générale et en rhumatologie. Elle peut toucher aussi bien le sportif de 25 ans que la retraitée de 70 ans, pour des raisons radicalement différentes. Arthrose, tendinite, problème méniscal, bursite… derrière ce symptôme commun se cachent des pathologies très variées, dont la prise en charge n'a rien à voir. Identifier la bonne cause est donc la première étape — et la plus importante — avant de choisir le bon traitement.

1. Les 8 causes les plus fréquentes de douleur au genou

Le genou est une articulation complexe — la plus grande du corps humain — sollicitée à chaque pas. Cette complexité explique la diversité des pathologies qui peuvent l'affecter.

1. L'arthrose du genou (gonarthrose)

C'est de loin la cause la plus répandue chez les plus de 50 ans. L'arthrose résulte de l'usure progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses. La douleur est dite mécanique : elle apparaît à l'effort, à la montée ou descente des escaliers, et s'améliore au repos. Elle s'accompagne souvent de raideur matinale (moins de 30 minutes), de craquements, et progressivement d'une limitation de la flexion du genou. Voir notre article dédié : arthrose du genou symptômes.

2. Les lésions méniscales

Les ménisques sont des cartilages en forme de croissant qui servent d'amortisseurs entre le fémur et le tibia. Leur atteinte peut être traumatique (torsion brutale chez le sportif) ou dégénérative (usure progressive après 45 ans). La douleur est souvent localisée sur un côté du genou (interne ou externe), avec un blocage articulaire possible ou une sensation d'instabilité. L'IRM est l'examen de référence pour confirmer le diagnostic.

3. La tendinite rotulienne

La tendinite rotulienne (ou "genou du sauteur") affecte le tendon qui relie la rotule au tibia. Elle touche surtout les sportifs pratiquant des activités impliquant des sauts ou des sprints (basket, volley, course à pied). La douleur siège juste sous la rotule, s'intensifie à l'effort et persiste après. Un repos relatif, de la physiothérapie et des exercices excentriques permettent de régler la majorité des cas.

4. Le syndrome fémoro-patellaire

Aussi appelé syndrome rotulien ou "genou du coureur", il se manifeste par une douleur diffuse derrière ou autour de la rotule, aggravée par la montée/descente des escaliers, les positions assises prolongées (signe du cinéma) et les squats. Il est très fréquent chez les jeunes adultes actifs et résulte d'un mauvais alignement ou d'une surcharge de la rotule. La kinésithérapie centrée sur le renforcement du quadriceps et des abducteurs de hanche est le traitement de choix.

5. La bursite du genou

Les bourses séreuses sont de petites poches remplies de liquide qui facilitent le glissement des tendons sur les os. Leur inflammation — la bursite — provoque un gonflement localisé, chaud et douloureux. La bursite pré-rotulienne (devant la rotule) est typique des métiers exercés à genoux (carreleurs, jardiniers). La bursite ansérine (face interne du genou) survient souvent chez les personnes obèses atteintes d'arthrose. Le repos, la glace et les anti-inflammatoires règlent la plupart des cas.

6. La rupture du ligament croisé antérieur (LCA)

La rupture du LCA est une blessure grave, souvent traumatique (réception de saut, changement de direction brutal), avec un craquement audible, une douleur intense immédiate et un genou qui gonfle rapidement (hémarthrose). C'est l'urgence orthopédique par excellence chez le sportif. Elle nécessite une IRM et souvent une reconstruction chirurgicale, suivie de 6 à 9 mois de rééducation.

7. La chondropathie rotulienne

La chondropathie désigne une altération du cartilage sous-chondral de la rotule, sans atteinte arthrosique généralisée. Elle touche souvent les jeunes adultes, surtout les sportifs. La douleur est antérieure, aggravée par la flexion prolongée et les escaliers. Elle régresse généralement avec le repos et la rééducation, mais peut évoluer vers une arthrose fémoro-patellaire si elle est négligée.

8. La gonalgie projetée

Parfois, la douleur au genou n'a pas d'origine locale. Une coxarthrose (arthrose de la hanche) peut irradier vers le genou, tout comme une sciatalgie ou une cruralgie. C'est la raison pour laquelle un médecin examine systématiquement la hanche et le dos lors d'une consultation pour douleur au genou — pour ne pas traiter le mauvais endroit.

2. Localiser la douleur pour mieux la comprendre

La localisation précise de la douleur est un précieux indicateur diagnostique. Voici le tableau de correspondance :

Localisation de la douleur Causes les plus probables
Face antérieure (devant le genou) Syndrome fémoro-patellaire, tendinite rotulienne, bursite pré-rotulienne, chondropathie rotulienne
Face interne (côté intérieur) Lésion du ménisque interne, arthrose compartiment interne, bursite ansérine, entorse du ligament latéral interne
Face externe (côté extérieur) Syndrome de la bandelette ilio-tibiale (genou du coureur), lésion du ménisque externe, entorse du ligament latéral externe
Face postérieure (derrière le genou) Kyste de Baker, lésion méniscale postérieure, thrombose veineuse (attention !)
Douleur diffuse, tout autour du genou Arthrose généralisée, polyarthrite rhumatoïde, goutte, gonalgie projetée

3. Les traitements selon la cause

Il n'existe pas de traitement universel de la douleur au genou. La stratégie dépend entièrement du diagnostic établi.

Les mesures communes à la plupart des cas

Quelle que soit la cause, certaines mesures de base s'appliquent presque toujours. Le repos relatif — pas l'immobilisation totale — permet à l'inflammation de se calmer. La glace (20 minutes, 3 fois par jour) réduit la douleur et l'œdème dans les 48 premières heures. La surélévation du membre en position couchée limite le gonflement. Le paracétamol est l'antalgique de premier recours, bien toléré au long cours. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène) sont réservés aux poussées inflammatoires, en cures courtes.

Le renforcement musculaire — traitement de fond universel

Selon moi, le renforcement du quadriceps et des muscles stabilisateurs du genou est le traitement de fond le plus efficace et le plus sous-utilisé. Un quadriceps fort absorbe une partie des contraintes mécaniques sur l'articulation, réduit les douleurs chroniques et prévient les récidives. Cela s'applique à l'arthrose, aux tendinites, au syndrome fémoro-patellaire et aux suites de lésion méniscale. La kinésithérapie est l'outil de référence pour mettre en place ce renforcement.

Les compléments articulaires — pour l'arthrose et l'entretien du cartilage

Dans le cadre d'une douleur au genou d'origine arthrosique ou en prévention d'une usure prématurée, les compléments à base de glucosamine, chondroïtine, collagène marin et curcumine phytosomale ont montré des bénéfices sur la douleur et la fonction articulaire dans plusieurs essais cliniques. Une cure de 3 à 6 mois est nécessaire pour en évaluer les effets. Ils n'ont aucun intérêt dans les lésions traumatiques aiguës.

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Les orthèses et aides mécaniques

La genouillère de maintien améliore la proprioception et réduit la douleur à la marche dans les gonarthroses et les instabilités ligamentaires légères. Les semelles orthopédiques corrigent les désaxations et réduisent les contraintes sur les compartiments usés. Les cannes et bâtons de marche nordique permettent de décharger partiellement le genou lors des phases douloureuses aiguës.

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Les infiltrations et la viscosupplémentation

Les infiltrations de corticoïdes sont très efficaces pour casser une poussée inflammatoire, mais limitées à 3 par an par articulation. La viscosupplémentation (injections d'acide hyaluronique) est une option pour les gonarthroses aux stades 2-3 : elle améliore la lubrification articulaire et réduit la douleur pour 6 à 12 mois. Ces actes sont réalisés par un rhumatologue ou un médecin du sport, sous contrôle échographique de préférence.

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4. Quand consulter en urgence ?

Certains signes doivent vous amener aux urgences ou chez votre médecin dans les 24 heures, sans attendre :

En dehors de ces situations d'urgence, une consultation médicale non urgente est recommandée si la douleur persiste plus de 3 semaines malgré les mesures de base, si elle limite significativement vos activités quotidiennes, ou si elle s'accompagne d'une déformation visible du genou.

En résumé

La douleur au genou recouvre des réalités très différentes : arthrose, lésion méniscale, tendinite, syndrome rotulien, bursite… Localiser précisément la douleur, connaître son contexte d'apparition (effort, repos, traumatisme) et les signes associés permet d'orienter rapidement vers le bon diagnostic. Le renforcement musculaire est le traitement de fond universel le plus efficace, complété selon la cause par des compléments articulaires, des orthèses, des infiltrations ou une chirurgie. Certains signes — fièvre, instabilité brutale, blocage — nécessitent une consultation urgente sans attendre.

FAQ — Douleur au genou

Douleur au genou la nuit : que faire ?
Une douleur au genou nocturne qui réveille est un signe à prendre au sérieux. Elle peut indiquer une arthrose à un stade avancé (avec composante inflammatoire), une poussée de goutte, une bursite ou, plus rarement, une cause non rhumatismale (tumeur osseuse, infection). Si la douleur nocturne est isolée, persistante et s'accompagne de fièvre ou d'altération de l'état général, consultez rapidement. Dans le cadre d'une arthrose connue, un antalgique pris en soirée (paracétamol ou AINS en courte cure) peut aider à passer la nuit, mais discutez-en avec votre médecin.
Genou qui gonfle sans douleur : est-ce grave ?
Un épanchement articulaire (genou gonflé) sans douleur intense est possible, notamment dans les arthrites peu symptomatiques ou les épanchements chroniques liés à une arthrose modérée. Même sans douleur importante, un genou gonflé mérite une consultation médicale : le médecin pourra ponctionner le liquide pour l'analyser (éliminer une infection ou une goutte) et adapter le traitement. Ne négligez pas un gonflement persistant même indolore.
Douleur au genou en marchant : arthrose ou autre chose ?
Une douleur au genou à la marche peut être d'origine arthrosique (douleur mécanique, augmentant avec la distance, soulagée par le repos), méniscale (douleur sur un côté, possible blocage), tendineuse (douleur sous la rotule, après effort) ou biomécanique (mauvais alignement, chaussures inadaptées). L'arthrose est la cause la plus fréquente après 50 ans, mais pas la seule. Un examen clinique et une radio du genou en charge suffisent souvent à orienter le diagnostic. L'IRM est réservée aux cas où une lésion méniscale ou ligamentaire est suspectée.
Quels sports pratiquer en cas de douleur chronique au genou ?
Les sports les plus adaptés en cas de douleur chronique au genou sont ceux qui sollicitent l'articulation sans la surcharger : natation et aquagym (décharge totale), vélo (à selle haute, genou à 90° maximum en flexion), marche nordique (avec bâtons pour décharger le genou), yoga et Pilates adaptés, tai-chi. À éviter : la course sur bitume, les sports de pivot et de contact, les squats profonds, le ski alpin et tout sport avec sauts répétés. L'objectif n'est pas d'arrêter de bouger — bien au contraire — mais de choisir des activités qui préservent le cartilage tout en maintenant la masse musculaire péri-articulaire.